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Stanislas Van Copen.

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Jack-and-John

Description :

Ho ciel! comment peut-on vivre, après avoir éprouvé tant de voluptés!
Il venait de m'être donné d'être témoin des agonies de mort de plusieurs de mes semblables.
__________________________________

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs derrières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux
Qui réfléchirons leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entrouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux ,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

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Erik Satie  Gymnopedie I-II

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Erik Satie Gymnopedie I-II

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Design by Jack-and-John

transparent.

Le transparent :

Le transparent est la nouvelle tendance de l'été 2010, on le retrouve par exemple chez Chanel : sous forme de jupe courte en dentelle ou bien en pantalon large, chez Jil Sander avec une robe noir transparente incrustée de franges, pantalon et top, où encore chez Fendi, avec un long chemisier totalement transparent.
Ce qui parfois peut sembler chez certain une ironie du bon goût chez d'autre le transparent devient comme une mise en valeur du corps, comme ci le vêtement n'était plus là pour arranger les courbes, mais au contraire pour les accentués. Dès lors il n'est pas dans l'intérêt de tous de se permettre une telle extravagance. Tantôt complétement exempt de toute opacité, apparaissant alors comme un simple gaze, tantôt plus réserver : fait de dentelles, de superpositions ou de couleurs.

Pourtant, le vêtement, est ce qui semble être l'exemple même d'une pudeur, et d'une certaine protection, mais avec cette apparition du transparent conçu et revêtu à toute les sauces peut-on encore analyser le vêtement comme tel ? N'est-ce pas là encore un exemple d'une réaction?
On voit les créations devenir de plus en plus épurer, et voilà qu'on nous présente le pinacle de l'épurer : le transparent ! Doit-on imaginer par là que la femme (plus particulièrement) se détache de tout ce qui cache son corps pour enfin assumer sa peau ?
Quand certains crieraient à l'abus et aux bonnes m½urs (on peut très bien se demander si en portant un haut Fendi dans la rue on ne s'exposerait pas à la juridiction d'un gendarme qui, en plus de loucher sur ce décolté transparent, s'enticheraient de vous présenter une amande pour atteinte à la pudeur – et avec le sourire), d'autres verraient cela comme une marque d'une énième émancipation féminine. Dans n'importe quel cas, il ne faudra pas s'étonner si certains en voyant cela n'hésitent plus à vous coller une main baladeuse.
Sans oublier qu'en traitant le transparent, la mode ne risque plus d'arranger les silhouettes mais bien de les exposer. Assumer sa peau, certes... encore faut-il peser 45 kilo en dessous.

A travers cette opulence du transparent, la mode nous montre encore une fois qu'elle a raté une marche ( et celle-ci est assez haute ) de l'escalier nommé « réalité », mais c'est avec le sourire qu'on vous expliquera le concept de top Fendi et autres léger comme l'air : libre comme l'air... de le porter certes, léger tout dépend du poids que vous ferez !
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#Posté le mercredi 24 février 2010 21:46

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STANISLAS VAN COPEN
Remix : Clair de Lune.
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#Posté le lundi 24 août 2009 03:25

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 08:47

Elucubration.

Je dessine sur les murs gris. Je m'écrase les flans du visage et dégouline l'encre noire. La peau blanche sur le froid.
Un dos s'anime et se forment des falaises rondes, les rubans dans mes cheveux comme des serpents de satin aux noirs anneaux. Glissants rubans-serpents. Et hautes falaises osseuses, escapées sur une fine mer de suie. Des ciseaux qui pénètrent, des oiseaux sur la rive, des oiseaux à mes cheveux. Les lèvres de mon coeur, salivent sur le mur gris, rivière glacée entre les falaises. J'ai froid dans le dos, devant le murs, devant le tout, la moitié, le rien et l'horizon. A l'air libre je déploie mes ailes. Je suis corbeau. Je suis falaise, rivière et mer. Je suis vent. Je suis tout, moitié et rien. Je suis les lèvres froides sur la nuque, la main rugueuse sur la clavicule. Je suis l'ongle qui taille le cou et le serpent sur la colonne.
Je suis Christ et Chute.
L'eau froide sur ma peau, le mouvement dans mes cheveux, le noir sur yeux.
L'absence nichée sous la poitrine.
Tout au fond - le Rien.
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#Posté le mercredi 16 décembre 2009 16:04

Femme Damnées.

DELPHINE & HIPPOLYTE.

A la pâle clarté des lampes languissantes, sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur, Hippolyte rêvait aux caresses puissantes qui levaient le rideau de sa jeune candeur. Elle cherchait, d'un ½il troublé par la tempête, de sa naïveté le ciel déjà lointain, ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête vers les horizons bleus dépassés le matin. De ses yeux amortis les paresseuses larmes, l'air brisé, la stupeur, la morne volupté, ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes, tout servait, tout parait sa fragile beauté.
Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie, Delphine la couvait avec des yeux ardents, comme un animal fort qui surveille une proie, après l'avoir d'abord marquée avec les dents. Beauté forte à genoux devant la beauté frêle, superbe, elle humait voluptueusement le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle, comme pour recueillir un doux remerciement. Elle cherchait dans l'½il de sa pâle victime le cantique muet que chante le plaisir, et cette gratitude infinie et sublime qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.
_ " Hippolyte, cher c½ur, que dis-tu de ces choses ? Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir l'holocauste sacré de tes premières roses aux souffles violents qui pourraient les flétrir ? Mes baisers sont légers comme ces éphémères qui caressent le soir les grands lacs transparents, et ceux de ton amant creuseront les ornières comme des chariots ou des socs déchirants; Ils passeront sur toi comme un lourd attelage de chevaux et de b½ufs aux sabots sans pitié... Hyppolyte, ô ma s½ur ! Tourne donc ton visage, toi, mon âme et mon c½ur, mon tout et ma moitié, tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles! Pour un de ces regards charmants, baume divin, des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles et je t'endormirai dans un rêve sans fin ! "

Mais Hippolyte alors, levant la tête :
_ " Je ne suis point ingrate et ne me repens pas, Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète, comme après un nocturne et terrible repas. Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes et de noirs bataillons de fantôme épars, qui veulent me conduire en des routes mouvantes qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts. Avons- nous donc commis une action étrange ? Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi : Je frissonne de peur quand tu me dis "Mon ange!" et cependant je sens ma bouche aller vers toi. Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée ! Toi que j'aime à jamais, ma s½ur d'élection, quand même tu serais une embûche dressée et le commencement de ma perdition !"

Delphine secouant sa crinière tragique, et comme trépignant sur le trépied de fer, l'½il fatal, répondit d'une voix despotique :
_ " Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ? Maudit soit à jamais le rêveur inutile qui voulut le premier, dans sa stupidité, s'éprenant d'un problème insoluble et stérile, aux chose de l'amour mêler l'honnêteté ! Celui qui veut unir dans un accord mystique l'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour, ne chauffera son corps paralytique à ce rouge soleil que l'on nomme l'amour ! Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ; cours offrir le c½ur vierge à ses cruels baisers ; et, plein de remords et d'horreur, et livide, tu me rapporteras tes seins stigmatisés... On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître !"

Mais l'enfant, épanchant une immense douleur, cria soudain :
_ " Je sens s'élargir dans mon être un abîme béant ; cet abîme est mon c½ur ! Brûlant comme un volcan, profond comme le vide ! Rien ne rassasiera ce monstre gémissant et ne rafraîchira la soif de l'Euménide qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang. Que nos rideaux fermés nous séparent et que la lassitude amène le repos ! Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde et trouver sur ton seins la fraîcheur des tombeaux !"

Descendez, descendez, lamentable victimes,descendez le chemin de l'enfer éternel ! Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes, flagellés par une vent qui ne vient pas du cil, bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage. Ombres folles, courez au but de vos désirs ; jamais vous ne pourrez assouvir votre rage, et votre châtiment naîtra de vos plaisir. Jamais un rayon frais n'éclairera vos cavernes ; par les fentes des murs des miasmes fiévreux filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux. L'âpre stérilité de votre jouissance altère votre soif et roidit votre peau, et le vent furibond de la concupiscence fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau. Loin des peuples vivants, errantes, condamnées, à travers les déserts courez comme des loups ; faites votre destin, âme désordonnées, et fuyez l'infini que vous portez en vous !

Baudelaire.
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#Posté le vendredi 16 octobre 2009 10:10

Amour ?

ECLYPSE.

Parfois il parle en une façon de patois attendrit de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les coeurs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient : bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires, il avait la pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. Il s'en allait avec des gentillesses de petites filles au catéchisme. Il feignait d'être éclairé sur tout : commerce, art, médecine. Et il disait :

_ Aimer, et l'Amour... ça n'a rien à voir ! S'il y a bien quelque chose qui unit les couples mariés et les familles ce n'est pas l'amour, c'est la stupidité, l'égoïsme ou la peur. L'amour n'existe pas. L'intérêt personnel existe, les liens noués pour le profil personnel existe, le plaisir existe, mais pas l'amour. L'amour doit être réinventé.

Je n'ai plus 16 ans, et pourtant.
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#Posté le mardi 29 septembre 2009 12:03

Un coup de trop.

Je veux travestir le malheur dans l'esthétisme. Du malheur, je veux en tirer un code, je veux le symboliser. Ramasser ce tout désastreux qu'est la vie, afin d'organiser un pernicieux dessin. Un livre malade d'illustrations écrasante, lourde de style, afin d'assommer à coup de mésaventures le lecteur. Le malheur emphatique chez moi est imbuvable, alors je leur ouvrirai le bec et les forcerai. Le malheur est source de conscience, quand la félicité elle, s'impose à être inconscience, inintéressante. Ni modulable, ni créative, ni transformable. Le malheur est source. Le malheur est inépuisable, et ainsi fait ; terrifiant. Le malheur est l'inépuisable source créative, car il terrifie, il attire. Gouffre gémissant, abîme béant où les remords se déguisent pour mieux accabler. Le malheur est le métamorphe où l'esthétisation se prête très bien, car tout deux réunis, il apparait comme un outil nécessaire et désirable. L'homme ne se souci que de la beauté et non des conséquences de celle-ci. Regardez-le, le perfide à briller à chaque fois, de mille manières différentes, sous nos yeux faibles.
Regardez comme il est beau d'être malheureux.

Stanislas Van Copen.
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#Posté le dimanche 20 septembre 2009 01:54

Pourquoi ?

L'ESTHETISATION A L'INFINI.

"Toi, tu es laid, et tu ne connais pas ta chance : au moins, si on t'aime, c'est pour une autre raison"

Bukowski.



Je me suis souvent demandé ; pourquoi cette recherche de l'esthétisme dans tout ce que j'entreprends, que je côtoie, et que je désire. Et je me suis rendu compte que c'était une lutte contre la nature de l'humanité, voilà aussi pourquoi je dessine : parce que le dessin est une lutte contre la nature car je ne veux point copier, je veux interpréter, et l'interprétation est une esthétisme du psyché humain. Ainsi je compris que plus je cherchais à tendre vers l'esthétisme plus je m'éloignais d'une nature barbare et offensive. Et qui oserait dire que la nature humaine est belle ? Nulle personne, parce qu'elle est animale. L'homme est digne de raison, seulement quand il est en haut du gouffre, près à tomber. Là il est homme et esthète. Delà je compris aussi que l'homme, à mes yeux, était beau seulement quand il était sur la ligne tangente entre mort et vie. Et j'expliquais ainsi ma tendance à trouver le beau dans le malaise et le mélodrame. Je préfère m'attacher à rendre beau ce qui s'applique à être caché dans les profondeurs ; c'est-a-dire la noirceur de l'âme, plutôt que de reproduire la beauté réelle d'un monde qui n'est souvent qu'apparence et vénalité.
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#Posté le lundi 24 août 2009 03:52

" Il est temps, maintenant.."

DE LA PERDITION A LA DECHEANCE.

J'ai cousu sur ma peau mille et une plumes noires, soutenues par de longues lanières de perles larmes. Épinglées sur le sein nu, des broches savantes tenant ma culotte de velours mordoré, qui n'est pas sans rappeler les fourrures de bison jetées du sol au plafond et retombantes sur le fauteuil en cuir d'autruche noir, le divan en croco, le sofa en taffetas et la table d'acier poli où se brisent les flûtes de cristal, qui contenaient l'absinthe distillée dans les crânes de corbeau - Je suis une nonne voilée par un cachemire de linceul.
D'en dessous ma tunique de velours, j'ai déguisé vingt et une lames aiguisées, qui pénètrent la chair de ma cuisse, tel un cilice dictateur. Je sens comme une douce tyrannie qui fait perler mon sang.
J'ai collé sur mon dos, un chat à neuf queues, qui s'étire et s'agrippe. Il chatouille, il flagelle, il lèche. Ma tête, de douleur, s'articule en un axe circulaire, se détache, se découpe, roule, suivant les courbes des dômes luisants où tous les temps et tous les univers informels y sont peints de travers.
Je joue du piano et j'y blâme l'amour, j'y loue le désir, j'y maudis les heureux, j'y bénis les martyrs. Je réinvente la conception fidèle d'un amour éternel à découvrir, à venir, à revenir, et à revivre. Ceci fait peur, tout n'est que peur, l'amour n'est qu'une peur. Le chat revient, il se sent nouer.
Par la fenêtre j'aperçois les minarets en tuiles de sang : ruines de souffrances humaines qui résonnent comme les hurlements de folie de mon hospice lugubre. Se réveillent sous mes pieds habillés de sandales japonaises en cuir de baleine, des odeurs fines de guillotinés, de lapidés, d'écorchés, de torturés, provenant des caniveaux où cette mêlée bouillonne comme une soupe distillée dans les égouts de la ville aux astres ardents.
Je tape sur le piano. Mon sang s'énerve dans mes veines. Je me frappe le dos, le chat miaule en crescendo. Cela m'amuse un instant jusqu'à ce que la douleur devienne insoutenable. Je m'élance dans la pièce et je heurte les meubles aux sculptures baroques. Je me brise les os. Il faut que j'arrache ces plumes, tout, les bijoux, les étoffes, les larmes, et le chats à neuf queues fixé sur mon dos brûlant de sang et de sueur. Toute cette vanité, il faut la condamner, l'assassiner, l'étouffer, l'empoisonner. Cette vanité amoureuse n'est qu'un gouffre béant, ce gouffre qui est mon coeur, il faut l'arracher et l'ingurgiter.
L'amour se meurt de vanité, il faut lui donner à manger, ça le calmera.


Stanislas
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#Posté le lundi 24 août 2009 03:42

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